Antigone au tableau
Cette pièce reprend le mythe d’Antigone de Sophocle en l’actualisant dans une salle de classe, dont le professeur (le remplaçant) est Créon. Antigone, Ismène et le garde sont assis avec les élèves, et se font conter l’histoire d’Antigone vue par Créon. Au fur et à mesure du cours qui raconte l’histoire, Antigone s’insurge contre le prof Créon en attaquant de façon virulente et engagée les propos du pouvoir en place… Antigone décide donc de sortir de classe en prétextant qu’elle veut aller aux toilettes et part recouvrir le corps de son frère Polynice. Puis les faits sont ceux que l’on connait, transposés dans un contexte scolaire et sociétal actuel, jusqu’à ce que l’on apprenne qu’Antigone s’est pendue dans la salle des profs, qu’Hémon s’est suicidé de chagrin avec un compas dérobé dans la classe de dessin…
Apprenant tout cela, Créon se limoge lui-même, pris de culpabilité et de remords et part enseigner dans le sud du tyrol italien, un coin perdu d’Italie, dans un lycée oublié. Quant à Ismène, personnage secondaire et méprisé de tous, elle va accomplir la tâche qu’aucun auteur ancien ou moderne n’a jamais imaginée ni écrite : enterrer le corps d’Antigone.
Outre Créon, face à l’audience, les trois autres personnages se mêlent donc au public des élèves qui participent au spectacle. Si les personnages deviennent élèves, on peut dire que les élèves deviennent parallèlement personnages, puisqu’ils vont devenir peu à peu le Choeur de la pièce, dirigé par Ismène qui leur dictera leur texte.
L'auteur italien Davide Carnevali évoque sa pièce en ces mots : "Antigone est ici une jeune fille à peine sortie de l’adolescence, qui comme tous les adolescents commence à se confronter au monde des adultes en le critiquant. En crise avec une famille dont elle ne partage pas les valeurs, elle va régler ses comptes avec la société patriarcale, dans lequel les femmes doivent lutter pour faire entendre leur voix, et surtout s’opposer à une loi injuste qui réprime les instincts naturels et humains de la charité, de l’empathie et de l’amour.
En partant de Sophocle et Brecht, mais aussi de la lecture du mythe décrite par Hegel, notre héroïne se bat seule contre les injustices de l’État. La légalité et la politique sont au cœur de cette pièce pensée comme une tragi-comédie didactique, proche du théâtre épique, qui tisse des liens entre l’histoire, la philosophie et l’éducation civique."
Les élèves ont pu réfléchir aux notions de patriarcat, d''autorité, de loyauté familiale, de conflits entre les lois humaines et les lois divines et de résistance face à l'injustice.
Merci à la compagnie Anteprima, au Rize, à Mmes Terenjev et Omeir et à la feue part collective du Pass Culture.
Le mythe originel :
Catégories
- Théâtre