Activités culturelles

Un pays troublant

Par GUILLAUME LEBOURGEOIS, publié le jeudi 21 mai 2026 10:11 - Mis à jour le jeudi 21 mai 2026 18:48
Samuel Gallet présentait au théâtre des Célestins avec le Collectif Eskandar Le pays innocent, une œuvre puissante et dérangeante qui percutait tristement l'actualité.
Les élèves de 2 MRC avaient au cours du projet Ô Parleurs découvert cette pièce et son auteur au lycée Magenta  lors de deux ateliers en classe entière. Puis la classe avait travaillé autour de ce texte, parabole perturbante qui questionne notre monde qui s'effondre. Trois élèves du lycée Magenta qui avaient brillé sur la grande scène du théâtre des Célestins étaient invités à la première de mercredi 20 mai à la Celestine, Mais laissons la parole à Samuel pour présenter sa pièce : 
 
"Fable écologique, Le Pays innocent évoque une renaissance possible, des alternatives réelles ou imaginaires au catastrophisme ambiant et à la dévastation écologique. Le spectacle s’inscrit dans une recherche d’un théâtre situé entre rêve et réel, mêlant récits, dialogues, poèmes et fragments, tout en dialoguant avec la création musicale et sonore. Le travail scénique se situe à cet endroit de friction entre réalité et imaginaire, brouillant progressivement les frontières du symbolique et de la fiction. Les « trois écologies » dont parle Félix Guattari, l’écologie mentale, environnementale et sociale, nourrissent l’écriture et révèlent, combien la destruction de la forêt amazonienne résonne avec la déforestation de nos imaginaires.
 

Les interprètes travaillent d’abord la dimension chorale du texte : ils se partagent le récit en lien constant avec la composition musicale. Ils jouent, commentent, contestent, chantent l’histoire. La musique s’entrelace à la parole pour faire entendre l’enchevêtrement de nos vies, entre dedans et dehors. L’enjeu est de passer d’un théâtre du récit à un théâtre de situation : sortir de la scène, la décrire, y revenir, chercher une parole à la fois épique, intime et politique. La musique est quant à elle, au cœur du projet : musiciens et compositeurs participent dès l’origine à la dramaturgie. Sur un plateau nu, le son ouvre progressivement l’accès à l’imaginaire, à la forêt comme espace surréel." 

A l'issue de la représentation, nos élèves ont pu échanger avec les comédiens, Samuel Gallet, ainsi que des représentants de la Région lors du cocktail de la Première. Ils ont évoqué tour à tour Shakespeare pour la dramaturgie, le petit prince pour le personnage de l'enfant, Camus pour la réflexion philosophique et même Dostoïevski pour la noirceur du propos. 

Merci au théâtre des Célestins, au Pass Culture pour cette belle opportunité qui se poursuivra l'année prochaine avec une nouvelle saison de Ô Parleurs. Merci à Mme Terentjev pour le soutien et l'accompagnement.

 

 


 

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