Activités culturelles

Une traversée sensible au cœur des arts

Par ALBA TERENTJEV, publié le lundi 2 mars 2026 21:54 - Mis à jour le lundi 2 mars 2026 21:55
Dans le cadre du projet sur les fleurs qui verra la façade du lycée Magenta prendre vie, la classe de seconde MARVI s'est rendue au musée des Beaux-Arts de Lyon pour s'inspirer dans leurs futures créations .
Ce vendredi 27 février, sous un ciel d’azur baigné de lumière, les élèves avaient rendez-vous à 9h45 sur la majestueuse place des Terreaux. Face à la fontaine Bartholdi et à l’imposant Hôtel de Ville, l’excitation se mêlait à la curiosité. À 10 heures précises, les grandes portes du Musée des Beaux-Arts de Lyon se sont ouvertes, marquant le début d’un voyage aussi esthétique que sensoriel.
 
Nous avons été chaleureusement accueillis par les intervenantes de l’association C’ Possible, Aurore Zabée et Laetitia de Ravignan, avant d’être confiés à notre médiateur culturel Yann Arnault, dont l’enthousiasme communicatif allait guider nos pas.
 
Un lieu chargé d’histoire
 
Avant d’abriter des chefs-d’œuvre, le musée fut un couvent édifié à l’époque de Louis XIII et Louis XIV. Dans le cloître, devenu jardin paisible, le chant discret des oiseaux offrait une entrée en matière apaisante. Le médiateur nous présenta l’ancien réfectoire, puis nous gravîmes l’impressionnant escalier royal, large et solennel, comme une invitation à l’élévation.
 
Aux origines : l’Égypte éternelle

La première salle, volontairement plongée dans une pénombre évocatrice, nous transporta dans l’Égypte antique. Sarcophages, némès, la célèbre coiffe des pharaons, regards soulignés de khôl : chaque détail révélait une civilisation fascinée par le cycle de la vie et de la mort.
Les figures masculines y apparaissaient souvent à la peau plus sombre, parfois barbues dans leurs représentations idéalisées. Les femmes comme les hommes soulignaient leurs yeux de khôl, magnifiant le regard. La fleur de lotus, symbole royal et solaire, incarnait la renaissance et la puissance pharaonique.
Moment inattendu et mémorable : nous avons pu sentir un parfum inspiré des rituels funéraires, élaboré avec des parfumeurs de Grasse. Myrrhe et lotus composaient cette fragrance mystérieuse, donnant à l’histoire une dimension olfactive rare.
 
L’Annonciation : un dialogue spirituel
 
La visite se poursuivit devant deux sculptures médiévales représentant une scène que les élèves furent invités à deviner. Peu à peu, guidés par des indices subtils, ils reconnurent l’Annonciation : l’ange Gabriel face à Marie.
Les fleurs incrustées sur leurs vêtements évoquaient le jardin d’Éden, tandis que le lys, tenu par l’ange, symbolisait la pureté. Loin d’un simple cours magistral, notre guide privilégiait le questionnement, suscitant réflexion et interprétation avec finesse et humour.
 
Géométries sacrées et art islamique

Nous avons ensuite découvert une œuvre médiévale de culture islamique, d’une grande délicatesse. Étoiles, arabesques et motifs floraux composaient une géométrie raffinée, évoquant à la fois la voûte céleste et l’oasis intérieure. L’œuvre invitait au recueillement et rappelait combien l’art peut devenir un espace spirituel et méditatif.
 
Vanité et modernité
 
Jeune femme à sa toilette, Nicolas Régnier (Vers 1630 - 1635)
Un tableau représentant une jeune femme se préparant pour le bal nous introduisit au thème de la vanité. Fleurs dans les cheveux, miroir, élégance fragile : derrière l’apparente légèreté affleurait la réflexion sur le temps qui passe. Le médiateur souligna combien la publicité contemporaine puise encore son inspiration dans ces chefs-d’œuvre classiques.
 
Une immersion sensorielle

La visite s’acheva dans une salle sensorielle conçue par Véronique Moreno, en sa présence. Cet espace, véritable parenthèse poétique, convoquait tous les sens : chants d’oiseaux, senteurs de poirier, de cèdre et de chêne, jeux d’ombres évoquant la forêt.
Des œuvres de Claude Monet et de Paul Cézanne dialoguaient avec une cabane évoluant au fil des saisons. Tables aux formes d’arbres, pictogrammes délicats, « arbre aux livres » : les menuisiers et artistes ont créé un univers où nature et culture s’entrelacent harmonieusement.
 
Les élèves ont particulièrement apprécié la salle des sarcophages, ainsi que cette exploration constante de la frontière entre ombre et lumière, vie et mort. Beaucoup découvraient le musée pour la première fois et ont souligné le calme, la beauté du lieu et l’originalité d’une médiation fondée sur l’échange plutôt que sur des réponses toutes faites.
 
Cette sortie fut bien plus qu’une simple visite : une véritable leçon d’histoire et d’histoire de l’art, un voyage à travers les civilisations : de la fleur de lotus égyptienne au lys de l’Annonciation, des arabesques islamiques jusqu'aux aux vanités occidentales. Cette visite mémorable réveilla tous nos sens.
 
Le lycée Magenta adresse ses plus sincères remerciements à notre guide Yann Darnault pour avoir rendu cette découverte inoubliable, à l’association C’ Possible représentée par l'élégante présence d' Aurore Zabée et de Laetitia de Ravignan. 
 
Nos remerciements vont également à M. Teysseyre , Proviseur du lycée Magenta pour son soutien indéfectible aux projets culturels, à Mme Guillemin, professeure principale des Secondes Marvi  ainsi qu’à Mme Fromont, professeur documentaliste, dont l’engagement a permis la concrétisation de ce magnifique projet.
 
Nous souhaitons enfin exprimer notre plus profonde gratitude au musée des Beaux Arts qui a donné la possibilité à nos élèves d'accéder à une expérience artistique et humaine d'une  richesse exceptionnelle.
 
Une matinée lumineuse, un voyage mystique, et la conviction renouvelée que l’art se découvre autant avec le cœur qu’avec les yeux. 
 

 

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