À la mémoire du Chaâba : Villeurbanne se souvient
Par GUILLAUME LEBOURGEOIS, publié le lundi 8 juin 2026 13:33 - Mis à jour le lundi 8 juin 2026 13:34
Dans les années 1950 et 1960, la Feyssine abritait un bidonville appelé le Chaâba, un mot du dialecte sétifien signifiant « endroit perdu ».
Jusqu’à une vingtaine de familles y vivaient dans des baraques construites à partir de matériaux de récupération, sans eau courante ni électricité. Malgré des conditions de vie difficiles, les habitants ont su développer une forte solidarité, faisant du Chaâba un lieu de vie, marqué par l’entraide.
Afin d’honorer la mémoire de ce lieu et de celles et ceux qui y ont vécu, une plaque commémorative a été inaugurée ce samedi 6 juin au parc de la Feyssine.
Cette cérémonie a réuni de nombreux participants engagés dans la transmission de cette histoire. À cette occasion,
Mustapha Begag, ancien habitant du Chaâba, est revenu sur ses souvenirs d’enfance dans ce lieu de vie. Des étudiants de l’IUT Lyon 1 ont également présenté leur travail consacré à la mémoire de ce bidonville et de ses habitants. Enfin, Stéphane Frioux, adjoint au maire délégué au patrimoine et aux mémoires, a rappelé l’importance de transmettre l’histoire de celles et ceux qui ont quitté leur terre natale et contribué à construire le Villeurbanne d’hier, d’aujourd’hui et de demain.
Les élèves de CAP signalétiques et décors graphiques du lycée professionnel Magenta ont crée ce support qui raconte l'histoire du lieu pour se souvenir.
Chaaba, du bled au bidonville, un documentaire
de Wahid Chaïb et Laurent Beintah :
Dans le dialecte sétifien, le mot Chaâba signifie « endroit perdu, nulle part, no man’s land… » Mais le Chaâba a été le lieu de vie de 1949 à 1967 d’une trentaine de familles algériennes venues en France métropolitaine au sortir de la seconde guerre mondiale pour travailler, participer à la reconstruction du pays. Il s’agira pour nous de retracer l’histoire de ces primo-arrivants, de leur implantation dans la cité villeurbannaise pour mieux connaître de l’intérieur l’histoire de ce bidonville.
Le gone du Chaâba, une fiction sortie en 1997.