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[GEO TERM] Tchernobyl, anatomie d’une catastrophe

Par GUILLAUME LEBOURGEOIS, publié le dimanche 19 avril 2026 16:57 - Mis à jour le dimanche 19 avril 2026 16:59
A voir pour le thème de géographie au Baccalauréat : "Les sociétés et les risques : anticiper, réagir, se coordonner et s’adapter. "

Quarante ans après la pire catastrophe nucléaire de l'histoire, cette investigation ambitieuse révèle, derrière la chronique du désastre, les mécanismes d'un mensonge d'État, en résonance avec la guerre d'agression russe qui ravage l'Ukraine.

1. Tchernobyl, anatomie d’une catastrophe : En enfer 

Dans la nuit du 25 au 26 avril 1986, un test de sécurité dans le réacteur numéro 4 de la centrale nucléaire de Tchernobyl provoque le pire accident nucléaire de l'histoire. Dans le huis clos de la centrale, les secours interviennent, aussi incrédules qu'inconscients du danger, tandis qu'à Moscou les autorités soviétiques minimisent les dégâts et maintiennent la population dans l'ignorance. Il faut attendre deux jours pour que les scientifiques d'une centrale suédoise, à Forsmark, détectent une radioactivité anormale et lancent l'alerte. Entre sidération, retard d'évacuation et dissimulations, un véritable mensonge d'État se met en place, tandis que des milliers de "liquidateurs" sont envoyés sur zone sans protection pour tenter de contenir la catastrophe.

2. Tchernobyl, anatomie d’une catastrophe : Radiation

Quarante ans après la pire catastrophe nucléaire de l'histoire, cette enquête révèle les mécanismes d'un mensonge d'État. Deuxième volet : sommés de s'expliquer, les Soviétiques ripostent (zone d'exclusion autour de la centrale, décontaminations massives, mobilisation de volontaires chargés d'enfermer le réacteur sous un sarcophage de béton), mais le mensonge, lui, s'épaissit. 

À Kiev, la parade du 1er mai se déroule comme prévu : Mikhaïl Gorbatchev, président de l'URSS qui vient pourtant depuis quelques mois de lancer un vaste processus de réformes, balaie les inquiétudes des officiels locaux et, à la place des enfants des membres du Parti communiste inquiets, on fait défiler ceux des orphelinats. Hans Blix, directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), est convié à Moscou pour y être rassuré mais, dans les hôpitaux de la ville, le médecin américain Robert Gale mesure l'étendue du désastre humain. La glasnost promise par Gorbatchev vaut-elle aussi pour Tchernobyl ?

3. Tchernobyl, anatomie d’une catastrophe : Responsabilité

Quarante ans après la pire catastrophe nucléaire de l'histoire, cette enquête révèle les mécanismes d'un mensonge d'État. Dernier volet : à la conférence de l'Agence internationale de l'énergie atomique de Vienne, en août 1986, l'URSS se défausse de sa responsabilité, invoquant des erreurs humaines commises par le personnel de la centrale. 

Ces mêmes arguments aboutissent l'année suivante à de lourdes condamnations mais le masque se fissure. Nikolaï Steinberg, qui a supervisé la construction du sarcophage, mène une enquête obstinée et rétablit la vérité : le réacteur souffrait d'un vice de conception connu des autorités bien avant la catastrophe. Une épine supplémentaire dans le flanc d'un empire vacillant, qui contribue à précipiter sa chute, en décembre 1991. Quarante ans après, alors que la centrale a définitivement fermé et que la guerre ravage à nouveau la zone d'exclusion – soldats contaminés, sarcophage touché par les drones –, Tchernobyl appartient autant au présent qu'à l'histoire. 

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